Un manager arrogant, brutal, et obsédé par la domination par la force incarne un modèle de leadership non seulement obsolète, mais profondément toxique. L’actualité nous en fournit 2 exemples récents. L’un se situe Outre-Atlantique (la présidence Trump ; l’autre en France Didier Lombard, dirigeant de France Telecom 2005-2011). Ce style de gestion, réfractaire aux principes modernes de collaboration et de respect, engendre des impacts dévastateurs à tous les niveaux : sur les individus, les équipes et l’organisation dans son ensemble.
Prenons un instant pour explorer les effets et les réponses possibles à un tel comportement.
Les répercussions sur les collaborateurs
Imaginez des collaborateurs évoluant sous une pression constante, dictée par la peur et l’agressivité. Qu’en résulte-t-il ?
1. Une démotivation profonde. Face à une gestion brutale, les salariés perdent toute motivation intrinsèque. Ils ne font que survivre, évitant les conflits à tout prix, réduisant leur implication au strict minimum.
2. Un stress chronique et un épuisement généralisé. Ces environnements psychologiquement insécurisants sont un terreau fertile pour l’anxiété, le burn-out, et même la perte de sens au travail.
3. Une érosion de la confiance. Ce type de manager brise non seulement la confiance envers lui, mais détruit aussi les relations entre collègues, instaurant un climat de méfiance et de division.
4. Une fuite inéluctable des talents. Les collaborateurs compétents, qui aspirent à évoluer dans des environnements stimulants et respectueux, finissent par partir. Et avec eux, l’organisation perd son potentiel d’excellence.
Les impacts sur l’équipe et l’entreprise
Dans un climat marqué par des rapports de force permanents, l’équipe et l’entreprise en souffrent à plusieurs niveaux :
1. Une créativité en berne. Les idées nouvelles et les initiatives s’étouffent sous la peur du jugement ou de la sanction. Le potentiel d’innovation disparaît.
2. Un climat délétère. La brutalité engendre tensions, conflits internes et rivalités destructrices. L’esprit d’équipe devient inexistant.
3. Une atteinte à la réputation. Ce style managérial finit par entacher l’image de l’organisation, la rendant répulsive aux talents externes.
4. Des résultats de courte durée. Si la contrainte peut produire des gains rapides, c’est toujours au détriment de la durabilité. Une équipe maltraitée manque de résilience face aux défis de long terme.
Pourquoi ce modèle persiste-t-il ?
Malgré ses effets délétères, ce style de management continue parfois de prospérer. Pourquoi ?
1. Une vision archaïque du pouvoir. Certains confondent autorité et autoritarisme, croyant à tort que le respect naît de la peur.
2. Une incapacité à embrasser la complexité. Ces managers, souvent démunis sur le plan émotionnel ou stratégique, adoptent des comportements simplistes et agressifs.
3. Une culture de l’impunité. Dans certaines organisations, les résultats à court terme justifient tout, même l’inacceptable.
Des solutions à envisager
Mais alors, que faire face à un tel comportement ?
1. Promouvoir un leadership collaboratif. Aujourd’hui, les leaders inspirants s’appuient sur l’intelligence collective, l’écoute active et la co-construction.
2. Accompagner par la formation. Des formations en intelligence émotionnelle, en communication non violente ou en management bienveillant peuvent amorcer des transformations durables.
3. Soutenir les RH dans leur rôle clé. Si aucun changement n’est constaté, il appartient aux RH et à la direction de prendre des mesures adaptées, allant de l’accompagnement spécifique à des sanctions claires.
Une réflexion essentielle
Enfin, il est crucial de se poser une question plus large : le problème vient-il seulement du manager ?
Si ce type de comportement est toléré, c’est peut-être parce qu’il s’inscrit dans une culture d’entreprise elle-même toxique. C’est ce qui vient d’être identifié dans le récent arrêt de la Cour de Cassation qui crée le concept de « harcèlement morale institutionnel ».
Face à ce constat, souvenons-nous que le leadership n’est pas une question de domination, mais d’influence. Et l’influence durable repose sur la confiance, l’inspiration, et la capacité à donner du sens.
Alors, quel type de leader voulez-vous incarner ?